Au revoir Jacqueline

«Quant à l'évolution de ma carrière en tant que telle, il n'y a pas véritablement de ligne directrice. On me demande souvent «quand referas-tu un vrai film avec des acteurs?», ce qui est extrêmement vexant pour une documentariste. Les gens confondent reportage et documentaire. J'ai réalisé deux films de fiction, un petit film d'animation, et je ne me sens pas frustrée parce que je préfère réaliser des films documentaires. Ma trajectoire évolue plus en fonction des opportunités qui se présentent. Il y a bien sûr des éléments qui reviennent, parce qu'on se rend compte qu'on a des fantasmes, des obsessions, tous les cinéastes fonctionnent comme ça. Dans mes films, je reviens sur les objets, l'amour de la 'belle ouvrage', il y a des choses récurrentes. Je crois qu'il s'agit plus, en définitive, d'une trajectoire de femme que d'homme. Ce n'est pas, par exemple, l'ambition de partir d'un petit film documentaire de trente minutes pour arriver à une fiction d'une heure et demie, loin de là. Ce sont vraiment des sujets pour lesquels j'ai un coup de cœur, qui m'accrochent, qui m'interpellent, puisque c'est un mot à la mode, suffisamment pour que je me mette complètement dedans.»
Jaqueline Veuve (1930-2013)

19.4.2013

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